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Dans le train, assis au milieu de touristes de tous bords, je regardais le paysage se dérouler. Le spectacle était surprenant; le vert, parfois supplanté par le marron, ne se laissait jamais dompter. C'était une lutte inégale, qui n'aurait de fin que lorsqu'apparaîtrait enfin le gris apaisant de la ville, ou que je me serais résolu à ôter les yeux de cette vomissure végétale continue, et à aller prendre un café au wagon-restaurant. Les idées diverses qui m'occupaient ne laisseraient pas place ce soir à celles de mon bouquin.
Je pensais surtout à cette femme que je venais de quitter. Je la connaissais mal et si bien à la fois. Je souris à la pensée de ses fossettes malicieuses qui otaient de temps en temps la gravité de son visage. Mais le souvenir de nos adieux me revint, et je dus dissimuler mon regard de peur que l'on puisse en apercevoir le reflet tremblotant.
Je pensais que marcher me ferait du bien, et je voulais me soustraire aux regards des touristes américaines d'en face. Qu'elles restent dans leur Cosmopolitan! Je partis pour le wagon restaurant. Au bout de déjouements difficiles le long de corridors étroits, je l'atteignis, seulement pour me rendre compte qu'il contenait un nombre encore plus grand de ces invertébrés capitalistes. Il me fallait néanmoins ma dose. L'endroit étant non-fumeur, je commandai un double expresso, et m'accoudai dans un coin du wagon pour le boire. Les parois en étaient couvertes d'une double rangée de fenêtres, mais le segment à hauteur d'yeux était laissé opaque, de sorte qu'il fallait s'affaler sur le bar ou se dresser sur la pointe des pieds pour pouvoir profiter de la monotonie du paysage. Je repensais à l'injustice des adieux que je venais de vivre en caressant la forme oblongue tendue dans la poche de ma chemise, et je me demandais bien si un de ces joyeux bovins trouverait quelque chose à redire si je prenais l'audace d'allumer ce délicieux cigare en leur présence.
Je choisis, une fois de plus, de ne pas aller jusqu'au bout. Je me contentai de fixer la paroi de plastique à hauteur de mes yeux en pensant à de délicieux souvenirs. Il me faudra encore bien du temps pour me rendre compte qu'ils ne sont que des flashes parmi beaucoup de souvenirs médiocres, voire mauvais. Je me dirigeai sans conviction vers mon compartiment mais subitement, un éclair me traversa l'esprit. Peut-être qu'après tout, cet adieu raté sur le quai de la gare avait été l'ultime croisée des chemins, le moment où jamais. Maintenant que j'avais tout gâché, peut-être bien que je n'avais plus rien à faire en ce monde. J'allais dans les toilettes et, me mettant debout dans la cuvette remplie d'eau, je commençai à dévisser l'ampoule du plafond.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Bloguma bak bloguma bak
(backgroundu filan değiştirdim!!!)
:D
anketede cevap ver
=)okulda görüşürüz

Gavrilal a dit…

JE SUIS PAS D'ACCORD!! comment est-ce que tu peux dire ça???

et sinon, ça veut dire quoi?

:)

ceren a dit…

:D
comme vous pouvez le deviner, c'est du turc
c'est un ami a moi qui savait pas que notre blog était collectif :))

sinon, je peux vous le traduire mot pour mot :
"passes voir mon blog
(j'ai changé mon background et tout!!!)
:D
et fais l'enquête
=)on s'verra a l'école"
voila, rien de bien méchant :)

sinon, j'aime beaucoup tout c'que vous écrivez, et j'ai pas envie d'écrire a mon tour, de peur de tout gacher :)

a plus!

Gavrilal a dit…

mais faut pas avoir peur!! c'est là pour qu'on puisse tous se lâcher, et pour qu'on compose avec ce que les autres ont écrit!

Et plus il y a d'intervenants, plus il y a d'imprévus, et de surprises!

Vincent Grégoire a dit…

mais attend... c'est quoi cette façon de s'tuer? les pieds dans la toilette et les doigts dans l'ampoule? merde alors...

Gavrilal a dit…

c'est cheap, hein? tu y penseras pour l'un de tes prochains articles :D

Melle Cachard :) a dit…

en parlant d'article, que s'est-il passe avec celui ou pn tavait envoye nos impressions de MOntreal?